Honet
Le plasticien Honet dévoile son âme pour Lacoste L!VE. Après s’être fait un nom à la fin des années 80 comme pionnier du graffiti et représentant illustre du mouvement, Honet aka HNT a depuis étendu ses horizons créatifs jusqu’à devenir un artiste pluridisciplinaire par excellence.
Honet, c’est un plaisir de te rencontrer, comment décrirais-tu ce que tu fais ?
Je m’interroge moi-même souvent sur la nature de mes activités. Lorsque je fais une demande de visa, je me présente comme « illustrateur » . Dans un dîner en ville, je me décris comme un « graffiti artist ». Dans mon esprit, je me vois plutôt comme un aventurier.
Tu as toujours été comme ça ?
Oui, depuis que j’ai commencé à essayer de m’enfuir de l’école.
Et de la délinquance au graffiti il n’y a qu’un pas ! À quel moment as-tu commencé à peindre ?
En y repensant, je dirais que trois éléments ont construit ma carrière : la chance, l’expérience et les démêlés avec la justice. J’ai été chanceux de rencontrer les tous premiers graffeurs, les « vrais », ceux qui étaient là tout au début du mouvement.
Comment t’es-tu retrouvé à collaborer avec Lacoste L!VE ?
L’équipe Lacoste L!ve m’avait demandé de réaliser une mini-collection capsule pour L!VE en 2011. Il s’agissait d’une série composée de deux polos, d’un sweat et d’un T-shirt que nous avions présentée à Paris. J’ai également réalisé un nouveau modèle de T-shirt qui sortira en 2013
As-tu rencontré des difficultés à adapter ton style à la marque ou à trouver une histoire qui fonctionnerait avec son univers ?
Nous avons mis à peine une semaine à mettre au point la ligne et les dessins qui lui sont associés, les gens de L!VE et moi-même savions très bien ce que nous attendions les uns des autres et les choses se sont très bien passées. Ce qu’il y a de génial quand on travaille avec une maison comme Lacoste, c’est que l’on peut combiner deux mondes différents possédant chacun leur propre identité mais qui partagent un même sens de l’élégance parisienne.
En parlant de ville et de style, ce numéro de notre magazine est consacré à Tokyo. Y es-tu déjà allé ?
Oui ! Deux fois ! J’étais à Tokyo cette année pour une exposition à la Target Gallery mais mon premier séjour remonte à 1996. À la fin de mon service militaire, l’armée française m’a donné 10 000 francs pour que je puisse « prendre un bon départ dans la vie ». J’ai aussitôt utilisé cet argent pour conquérir l’empire nippon.
